Revue de presse

Article du Télégramme - 20 octobre 2025

« Attention aux faux amis ! » Nos conseils pour profiter de la saison des champignons en forêt de Carnoët

Le Télégramme/Patrick Hernot  - Le 20 octobre 2025

 

La saison des champignons est une invitation à des promenades, notamment dans la forêt domaniale de Carnoët, très facile d’accès. Mais mieux vaut prendre quelques précautions pour que ces sorties restent d’agréables moments.

             Mieux vaut s’équiper d’un panier, pour ne pas abîmer les champignons, et d’un couteau pour les déterrer.

Mieux vaut s’équiper d’un panier, pour ne pas abîmer les champignons, et d’un couteau pour les déterrer. (Photo d’illustration Le Télégramme)

 

La forêt domaniale de Carnoët, ses sentiers de randonnée, ses circuits de VTT et d‘équitation. Et ses recoins à champignons ! « La forêt est très accessible et sécurisée. Il y a toujours du monde à fréquenter les lieux tout au long de l’année mais on observe un pic à cette période », observe Jérôme Bourgoin, technicien à l’Office national des forêts (ONF). En effet, lorsque les frondaisons des arbres se parent de leurs couleurs automnales, des promeneurs se muent en cueilleurs, attirés par la promesse de champignons après les premières pluies de la fin de l’été sur un sol encore chaud, et viennent grossir les rangs des habitués.

 

« Il faut un choc thermique, humidité puis chaleur, pour stimuler la pousse », explique la Société mycologique du Finistère. La météo des dernières semaines a ravi les amateurs qui arpentent, en nombre, les 650 ha de la forêt, trait d’union entre Quimperlé et Clohars-Carnoët. « La forêt est très prospectée à cette période. On croise des gens dans des endroits plus reculés. Certains n’hésitent pas à venir avant le lever du jour ou à franchir des ronces. D’autres s’égarent parfois », souligne le technicien de l’ONF.

 

« Il y a plus d’espèces toxiques que comestibles »

Et beaucoup joignent l’utile à l’agréable, la promenade doublée du plaisir de s’offrir une poêlée en faisant un pas de côté. C’est le cas de Robert et Monique, randonneurs réguliers et cueilleurs occasionnels, équipés d’un sac au cas où. « Nous ne sommes pas très connaisseurs mais si on trouve des cèpes on les ramasse. On ne donne pas les endroits, même s’ils sont connus de nombreuses personnes. C’est le jeu », sourient les deux retraités. Les plus perspicaces repèrent les véhicules stationnés le long de la route devant les barrières forestières. Un indice censé orienter les recherches des « casseroleurs » guidés par la promesse d’une poêlée gourmande.

On estime qu’il y a plus de 400 espèces différentes dans la forêt de Carnoët, mais très peu sont comestibles

« La saison commence par les cèpes pour finir avec les chanterelles », indique Jérôme Bourgoin. On trouve aussi des pieds de mouton, des girolles et parfois des trompettes de mort. « On estime qu’il y a plus de 400 espèces différentes dans la forêt de Carnoët, mais très peu sont comestibles », affirme Annette Jacquel, de l’Association mycologique de Ploemeur.

« Parmi les milliers d‘espèces présentes dans la nature, seules quelques dizaines méritent l‘appellation comestible. Plus de 300 espèces toxiques sont répertoriées à ce jour. Parmi les plus impliquées dans des empoisonnements graves, on peut citer l‘Amanite phalloïde, l’Amanite vireuse, les petites lépiotes du groupe de la lépiote brun-rose », prévient la Société mycologique du Finistère.

Ne pas se fier aux applications

Il est donc recommandé de ne cueillir que des champignons identifiables avec certitude. « On peut parfois confondre un comestible avec un toxique », rappelle Annette Jacquel qui invite à s’équiper d’un panier, « le champignon s’abîme vite dans un sac », et d’un couteau. « Il est important de déterrer le pied à la fois pour conserver son environnement souterrain et s’assurer de récoltes futures mais aussi pour l’identifier car certaines caractéristiques se trouvent à la base du pied », ajoute-t-elle.

 « Il y a beaucoup de faux amis. Il ne faut jamais se contenter d’une simple comparaison avec une photo. Il existe de très bons ouvrages illustrés et des sites internet sérieux peuvent constituer une aide précieuse. Par contre, les applications téléchargeables sur téléphone portable, qui promettent une identification rapide, sont déconseillées car elles manquent de fiabilité », souligne la Société mycologique du Finistère. Au moindre doute, il est recommandé de laisser le champignon ou de faire vérifier la cueillette par un pharmacien ou un mycologue. « La saison est lancée. Nous avons régulièrement des personnes qui viennent nous présenter des espèces », confirme la pharmacie de la basse ville à Quimperlé.